Sale n°38

6, avenue des Tilleuls, Quartier de l'Hippodrome, Casablanca

24 March 2012

Lot 8

CHéRI Samba (NÉ EN 1956)

J’aime la couleur, 2012

ESTIMATE

550 000 / 650 000 DH
49 500 / 58 500 €

Hammer price :

550 000 DH

Acrylique et paillettes sur toile
Signée et datée en bas à droite
135 x 200 cm

 

« La couleur est la vie, tout ce qui nous entoure, ce que nous vivons. Tout le monde est couleur, tout le monde a une couleur. J’ai fait un tableau intitulé J’aime la couleur, une façon à moi de combattre le racisme. Enfant, j’ai entendu des choses que je n’arrive toujours pas à comprendre : il y a des gens qui auraient des couleurs et des gens qui n’en auraient pas. Ça dépasse l’entendement ! Il faut revoir la notion de couleurs. C’est mon combat. »

C’est en ces termes que Chéri Samba nous parle de l’œuvre « J’aime la couleur », où l’artiste a choisi de superposer un autoportrait sur des couleurs chaudes et puissantes. Dénuée de perspective, la profondeur n’est ici suggérée que par l’opposition entre couleurs chaudes et couleurs claires. Assortie d’une bulle de bande dessinée, « J’aime la couleur » n’est pas sans rappeler l’art de rue et le dessin populaire qui ont marqué la formation de l’artiste. Une composition au style minimaliste, une palette chromatique riche, un format monumental, autant d’éléments caractéristiques qui en font l’une des œuvres majeures de l’artiste. Entre vraie et fausse naïveté mais toujours avec humour, la satire sociale est toujours à l’œuvre chez Chéri Samba qui puise ses sujets dans son environnement immédiat, en observateur minutieux de la société contemporaine. Il décline ses thèmes de prédilection en invitant dans ses toiles des personnages d’une très grande expressivité, souvent porteurs d’un message moralisateur. Ainsi, il aborde tour à tour les problèmes de santé et d’hygiène, la lutte contre le sida, les affres de la vie conjugale, la prostitution et ici le racisme, dans des tableaux qui s’apparentent à des affiches pour des campagnes de sensibilisation. La force de sa peinture réside indubitablement dans l’art d’aborder des problématiques controversées en partant des paradoxes que l’on retrouve dans les pays en développement.

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“Color is life, everything that surrounds us, what we live. Everyone is color, everyone has a color. I made a painting entitled « J’aime la couleur » (I like the color), a way for me to fight racism. When I was a child, I heard things which I still do not get to understand: there are people who have a color and people who don’t. This is beyond belief! The concept of colors has to be reviewed. It is my struggle.”

This is how Chéri Samba speaks about the work « J’aime la couleur », in which the artist has chosen to superimpose a self-portrait on warm and powerful colors. Without perspective, the depth is only suggested here by the opposition between warm and light colors. Using a speech bubble, « J’aime la couleur » (I like the color) recalls the street art and popular drawing that marked the artist’s training. A minimalist composition, a rich chromatic pallet, a monumental dimension ; all of these characteristic features make it one of the major works by the artist. Halfway between true and distorted naivety but always with humor, social satire is at work in the paintings of Chéri Samba, who draws his subject matters from his immediate environment as a meticulous observer of contemporary society. He breaks downs his favorite topics by inviting on to his canvases highly expressive characters, often with a moralistic message. Thus, he addresses in turn the issues of health and hygiene, the fight against AIDS, the torments of married life, prostitution and racism, in paintings seem to be posters for public awareness campaigns. The strength of his painting undoubtedly lies in the art of dealing with controversial issues based on the paradoxes that are found in developing countries.